Les prix en caoutchouc sont-ils tirés par les cheveux ?

A ce qui paraît, c’est la saison au Cameroun. Cette saison là où les prix se munissent de réacteurs propulseurs et bondissent inexorablement vers le haut au grand dam des populations qui auraient souhaité bénéficier de dispositions plus clémentes, leur permettant de mieux préparer la prochaine rentrée scolaire de leurs enfants. C’est aussi la saison pluvieuse, surtout à Douala et ce qui m’a inspiré cet article c’est cette altercation entre les passagers d’un taxi et son conducteur qui ne se laissait pas accuser de sorcellerie pour avoir augmenté le tarif du taxi alors qu’une forte pluie battait son plein. Le cartésien que je suis pense être à même d’expliquer aux passagers pourquoi, malgré la sorcellerie du conducteur, son taxi est quand même plein.

On parle d’élasticité de prix lorsque, sous l’effet de l’augmentation ou de la diminution de ce dernier, la demande pour un produit change… ou pas. Mais pourquoi est-ce que ça change et dans quelles conditions ?

On part du principe selon lequel un changement du prix va générer un effet sur la demande, soit augmenter le nombre de personnes prêtes et capables d'acheter à ce prix (c'est la définition de la demande en passant), soit diminuer.  Trois (3) cas de figure se présentent :

    1- La variation du prix entraîne une variation de la demande : il s’agit des produits perçus comme superficiels à l’instar des appareils ménagers, chaussures, bijoux etc… Si les prix augmentent trop, les consommateurs vont s’en détourner (soit pour des produits de substitution soit vers la concurrence et, si ce n’est pas urgent, ils vont juste abandonner l’idée de se le procurer)



2-  Le prix change mais la demande ne change pas : c’est le cas des produits de
première nécessité. Le conducteur de taxi aurait tout aussi pu diminuer ses prix, la demande n’aurait pas changé, son taxi aurait été plein car l’on a besoin de se déplacer chaque jour, surtout à ce moment là où les travailleurs devaient se rendre à leurs lieux de service. Idem pour les produits tels que la tomate, le sel, le riz etc... qui peuvent coûter plus cher, les consommateurs seront tout aussi désireux et capables de se le procurer, ceteris paribus*


   3- Il peut aussi arriver que ce soit l’augmentation du prix qui génère une meilleure demande comme les produits de luxe pour une certaine frange de la population. Dans ce cas, le prix élevé est un gage de qualité.

Je fais fi des considérations marketing et autres calculs à effectuer pour déterminer de manière scientifique à quel point un certain changement de prix affecterait la demande, parce que je vous ai toujours promis des articles digestes. Pour vous aider à décider s’il faut augmenter vos prix ou pas, prenons rendez-vous, peut-être que mon prix sera assez incitatif pour la demande LoL.

#CestGervais
Stratège Commercial & Marketing
Tel & WhatsApp : (237) 651 353 355
Douala – CEMAC – CEDEAO


*ceteris paribus : forme contractée de la locution latine « ceteris paribus  sic stantibus » qui se traduit par : « toutes choses étant égales par ailleurs ». S’emploi pour astreindre tous les possibles facteurs et changements pouvant affecter une explication ou une hypothèse.

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